QUELQUES MOTS SUR SON PARCOURS
Cyril Thomas est actuellement directeur de l’Esacto’Lido, école supérieure des arts du cirque de Toulouse-Occitanie.
Il a auparavant été responsable du pôle Ressources et Recherche au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (Cnac), où il a développé de nombreux workshops et laboratoires de recherche, notamment autour du cycle « Les réflexions de femmes », consacré aux parcours et aux pratiques de femmes artistes, circassiennes et metteuses en scène.
Enfin, il a codirigé plusieurs ouvrages collectifs consacrés aux arts du cirque, parmi lesquels Contours et Détours des dramaturgies circassiennes et Du fil à la slackline (2020), ainsi que la première monographie dédiée à la chorégraphe Kitsou Dubois, Danser l’apesanteur (2021).
Interview en 3 questions …
« Mettre l’art au service des autres »
Qu’est-ce qui, dans ton parcours ou dans ta vision du cirque, t’a donné envie de t’engager auprès de Clowns Sans Frontières et de rejoindre son conseil d’administration ?
« Clowns Sans Frontières c’est avant tout des actions artistiques au service des autres dans des conditions et dans des zones géographiques parfois très complexes. C’est une façon de mettre en pratique la solidarité. Souvent, cette notion de solidarité, de donner aux autres, me semble très proche de l’essence des arts du cirque contemporain. »
« La relation à l’autre demeure un acte essentiel pour avancer »
Comment ton travail autour de la recherche, des dramaturgies circassiennes et des pédagogies du geste nourrit-il ta manière de comprendre l’action artistique et humanitaire de CSF ?
« Ce que je retiens de la recherche en cirque, c’est un engouement à déplacer les lignes et les espaces. Le champ de la recherche en cirque ou celui des dramaturgies reposent principalement sur les échanges ; c’est-à-dire que la relation à l’autre demeure un acte essentiel pour avancer.
La recherche ne se pratique pas en s’isolant. Les comparaisons, les tests, les hypothèses sont le plus souvent remis en question. Il faut accepter que l’artiste de cirque puisse rebattre les cartes des protocoles déjà établis pour ouvrir de nouvelles portes, de nouvelles pistes à réfléchir.
La recherche comme la dramaturgie se construit dans un processus lent avec les autres, comme certaines actions humanitaires.
Le geste circassien, comme la pédagogie et la transmission en général, s’établit sur l’expérience, sur le sensible et sur l’action. Ce sont des éléments qui rejoignent, il me semble, une partie de l’action humanitaire.
La recherche, comme le geste artistique et humanitaire, doivent se co-construire, se créer via une coopération active. »
Faire connaître CSF aux nouvelles générations d’artistes !
En tant que directeur d’école et chercheur, quelle contribution singulière souhaites-tu apporter au CA pour renforcer l’impact artistique, social ou international de l’association ?
« Je pense apporter un réseau de personnes qui pourraient être intéressées à rejoindre l’association mais avant tout j’espère pouvoir mieux faire connaître Clowns Sans Frontières aux générations d’artistes en formation. »
Bienvenue Cyril !
Par son parcours à la croisée de la création, de la recherche, de la transmission et des réseaux internationaux du cirque, Cyril Thomas apporte au Conseil d’administration une réflexion précieuse sur la coopération, l’innovation et la place des artistes dans la construction d’un projet solidaire. Nous sommes heureux de l’accueillir au sein de la gouvernance de Clowns Sans Frontières.