QUELQUES MOTS SUR SON PARCOURS
Professionnelle de la coopération culturelle internationale, Caroline Sotta évolue depuis de nombreuses années au croisement des arts vivants, du développement de projets culturels et des collaborations internationales.
Son parcours l’a menée aussi bien au sein de structures culturelles de proximité que dans des réseaux internationaux. Elle a notamment travaillé à la Maison des Jonglages, participé à l’aventure du festival itinérant Festina Lente et accompagné plusieurs compagnies de cirque contemporain en espace public, parmi lesquelles les collectifs Protocole, Martine à la plage, Équidistante ou encore Muchmuche compagnie.
Aujourd’hui basée en Serbie, elle poursuit son engagement en faveur des échanges culturels internationaux à travers ses missions à l’Institut français de Serbie et au sein du programme Teatroskop, qui accompagne la circulation et la coopération artistique en Europe du Sud-Est.
Interview en 3 questions …
« Les valeurs et le projet défendus par CSF m’offrent à moi aussi un espace de respiration »
Qu’est-ce qui, dans ton parcours en diplomatie culturelle et dans ton expérience à l’Institut français de Serbie, t’a donné envie de rejoindre Clowns Sans Frontières et de soutenir son action ?
« J’ai découvert CSF au début de ma vie professionnelle, en France, il y a 15 ans, car certains de mes collègues d’alors y étaient investis. À l’époque où Émilie Georget était déléguée générale, je me souviens avoir discuté avec elle des projets en cours et des enjeux de fonctionnement, de financement, de ressources humaines. J’ai toujours eu une vision très positive de l’action de CSF, et l’impression qu’il y avait une grande attention portée, de la part des personnes impliquées, à pourquoi et comment les choses étaient faites, aussi bien en interne qu’envers les partenaires extérieurs.
Aussi, la proposition récente d’intégrer le Conseil d’administration m’a honorée et enchantée, et j’aurais accepté quel que soit mon poste à ce moment-là.
En réalité, ce ne sont pas mes expériences dans la diplomatie culturelle qui sont les plus proches du sens qu’a pour moi l’action de CSF, mais plutôt d’autres expériences humaines et professionnelles.
C’est en effet d’abord en travaillant dans une structure culturelle, la Maison des Jonglages, programmant un festival en quartier prioritaire, puis au sein d’un collectif gérant un festival itinérant en bateaux à voile, Festina Lente, et enfin auprès de compagnies de cirque contemporain travaillant exclusivement en espace public, les collectifs Protocole, Martine à la plage, Équidistante et Muchmuche compagnie, que j’ai pu mesurer de la manière la plus poignante et concrète l’importance et la force de l’expérience artistique. Et pour la même raison, je suis aussi une spectatrice passionnée.
Les valeurs et le projet défendus par CSF, la nécessité vitale d’offrir à l’enfance, à travers le spectacle vivant, « des espaces de respiration, d’expression et de lien », comme l’écrivent Anne Quentin et Sébastien Bris, m’offrent à moi aussi un espace de respiration.
Elles m’apparaissent d’une grande importance, car elles permettent de se concentrer sur des modes d’être au monde qui parfois s’effilochent : le lien à l’autre, la force du collectif et enfin le pouvoir de transformation que le fait de se réancrer dans le présent pur de l’émotion artistique peut avoir. »
« La guérison, la réparation et le retour à la vie passent forcément par l’art et la culture »
Comment vois-tu le rôle de la culture et des arts vivants dans des contextes de crise ou de fragilité, et en quoi cela résonne-t-il avec la mission de CSF ?
« La réponse ci-dessus vaut en partie pour cette seconde question, mais évidemment, selon moi, l’expérience artistique est encore plus nécessaire et salvatrice dans des contextes de crise ou de fragilité.
Je ne crois pas qu’une société puisse être saine et bien se porter sans accorder une place importante à la culture au sens large. Et selon moi, CSF s’inscrit dans la ligne droite de cette conviction.
Dans des zones géographiques où les populations sont exposées à des événements traumatiques, sans parler de danger vital quotidien, la guérison, la réparation et le retour à la vie, individuellement et collectivement, passent selon moi forcément par l’art et la culture, quelle que soit la forme qu’on leur donne. »
Mettre les réseaux internationaux au service de l’association
Quelles compétences ou quels regards issus de ton travail international souhaites-tu apporter au Conseil d’administration pour renforcer l’impact et les partenariats de l’association ?
« Là encore, le regard et les compétences que je pourrais mobiliser sont issus de l’ensemble de mon parcours professionnel, l’international étant une dimension intrinsèque dans mon approche du métier.
En vrac, je pense à :
- soutenir l’équipe salariée dans les problématiques et les fragilités inhérentes au milieu associatif, culturel et social ;
- pour les projets, faire appel à de nouveaux artistes, ou à des artistes issus de circuits différents ;
- essayer de créer des collaborations avec des opérateurs des zones où j’ai travaillé, notamment celle où je travaille actuellement, l’Europe du Sud-Est ;
- communiquer sur l’action de CSF auprès de réseaux professionnels, notamment européens ;
- ne jamais baisser la garde sur la pertinence, la qualité et la force de l’expérience qu’on souhaite partager ! »
Bienvenue Caroline !
À travers son expérience des arts vivants, son engagement en faveur de la coopération culturelle et sa connaissance des réseaux internationaux, Caroline Sotta apporte au Conseil d’administration un regard précieux sur les partenariats, la circulation des artistes et la place de l’expérience artistique dans les parcours de vie.
Son attachement profond aux valeurs de solidarité, de lien et d’émancipation portées par Clowns Sans Frontières s’inscrit pleinement dans le projet de l’association. Nous sommes heureux de l’accueillir au sein de notre gouvernance et de poursuivre à ses côtés le développement d’une action artistique toujours plus attentive, exigeante et ouverte sur le monde.