Pays d'intervention

Mayotte

Mayotte : l’art pour l’inclusion et la résilience des jeunes vulnérables.


Depuis 2023, Clowns Sans Frontières – France développe à Mayotte un projet artistique au long cours auprès de jeunes en situation de grande vulnérabilité. À travers des résidences de création mêlant arts du clown, théâtre, danse et musique, l’association crée des espaces sécurisés où les jeunes peuvent retrouver confiance, créativité et plaisir d’être ensemble.

Pensé comme un projet évolutif, ce programme s’est progressivement structuré pour répondre au mieux aux besoins de jeunes déscolarisés, en situation d’errance ou de grande précarité, souvent exclus de toute offre culturelle.

 

Contexte : une jeunesse confrontée à des vulnérabilités multiples

En 2025, Mayotte fait face à une crise sociale et économique durable. Département le plus pauvre de France, le territoire affiche un niveau de vie médian sept fois inférieur à la moyenne nationale, et 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (Insee).

La jeunesse est particulièrement touchée : près de la moitié de la population a moins de 18 ans, mais entre 5 000 et 10 000 enfants et adolescents ne sont pas scolarisés, faute de places ou de reconnaissance administrative. Beaucoup vivent dans des conditions d’extrême précarité, sans cadre stable ni perspectives éducatives.

Dans ce contexte, l’accès à des espaces d’expression artistique constitue un levier essentiel pour soutenir la résilience des jeunes, restaurer l’estime de soi et recréer du lien social.

©Kilian Le Bouquin

Un projet construit dans la durée : résidences artistiques à Mayotte

  • 2023 : poser les bases – une première expérimentation artistique

La première résidence, menée en novembre 2023, marque le lancement du projet. Pendant 18 jours, 16 jeunes âgés de 14 à 17 ans participent à un travail intensif de création collective mêlant théâtre, danse, musique et arts du clown.

L’objectif est double : permettre aux jeunes de découvrir des pratiques artistiques variées et leur offrir une expérience valorisante à travers la création et la diffusion d’un spectacle. Joué à sept reprises dans plusieurs communes de Mayotte, le spectacle rassemble 470 spectateurs et contribue à changer le regard porté sur ces jeunes souvent stigmatisés.

Cette première étape confirme la pertinence de l’approche artistique comme outil de mobilisation, d’expression et de cohésion sociale. Elle donnera lieu au documentaire Des clowns dans les bidonvilles (ARTE Regards), témoignant de la force humaine et artistique du projet.

 

  • 2024 : renforcer l’impact et la cohésion du groupe

Forte de cette première expérience, CSF‑France reconduit le projet en 2024 avec une nouvelle résidence de 20 jours, accueillie à la Villa Ravoay à Kani‑Kéli. Le cadre est plus stabilisé, les objectifs artistiques plus affirmés, et l’accompagnement renforcé.

Les jeunes créent un nouveau spectacle, joué à nouveau sept fois dans différents quartiers, touchant 470 spectateurs supplémentaires. La résidence permet d’approfondir le travail sur la confiance en soi, la prise de parole et la coopération. Une véritable cohésion de groupe se construit, et les jeunes s’approprient davantage le processus de création.

Cette deuxième année marque un tournant : le projet n’est plus seulement une découverte artistique, mais devient une expérience collective structurante, attendue et reconnue par les jeunes comme par les partenaires locaux.

©Kilian Le Bouquin

 

  • 2025 : consolider et ancrer – offrir stabilité et continuité (année 3)

En 2025, le projet entre dans sa troisième année avec la volonté de consolider les acquis et de répondre encore plus finement aux besoins des jeunes les plus fragilisés. En partenariat avec la Communauté de communes de Petite‑Terre, la résidence s’adresse à 13 jeunes déscolarisés, en situation d’errance ou sans domicile fixe, avec ou sans papiers.

Sur trois semaines, les artistes proposent des ateliers de clown, un travail de co‑création et la diffusion du spectacle. Au‑delà de la dimension artistique, cette résidence joue un rôle fondamental de repère et de stabilité. La régularité des ateliers offre aux jeunes une routine sécurisante, particulièrement précieuse dans des parcours marqués par l’instabilité.

Les jeunes s’engagent avec enthousiasme, explorent de nouvelles formes d’interaction sociale et trouvent dans le cadre bienveillant du projet un espace où ils peuvent se détendre, s’exprimer librement et éprouver un sentiment d’accomplissement. La création collective devient un support de valorisation personnelle et de reconnaissance au sein du groupe.

 

« En 12 jours, nous avons monté un spectacle complet. Les jeunes ont pris confiance, se sont valorisés et une vraie cohésion est née. »Margot MacLaughlin, responsable artistique, CSF-France

 

“On a pu montrer aux autres jeunes de Kaweni qu’on pouvait partager de belles choses avec eux et pas seulement de la crainte de croiser leur chemin et que ça c’est positif pour tout le monde.” – Jeune bénéficiaire, Apprentis d’Auteuil Mayotte

 

Je crois profondément que ce que vous faites avec les jeunes leur permet à la fois de prendre confiance en eux, de vivre une aventure collective hors norme, et d’explorer leur propre âme. Ils vivent ainsi une expérience rare qui leur permet d’exprimer et vivre une part importante de ce qu’ils ont de meilleur en eux-mêmes. Merci encore pour votre action. Marc, donateur régulier de CSF-France 

 

Partenaires et soutien

Partenaires opérationnels : Apprentis d’Auteuil Mayotte · Communauté de communes de Petite‑Terre · Association Uwezo · Matis · Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT)

Partenaires financiers et institutionnels : Préfecture de Mayotte · Association Georges Hourdin · Communauté de communes de Petite‑Terre · Cité éducative Petite‑Terre · Fondation Foujita · Fondation Grand Orient de France · Fondation de France

 

Pourquoi ce projet ?

À Mayotte, ce projet répond à des enjeux fondamentaux :

  • Redonner confiance et estime de soi à des jeunes en grande précarité
  • Offrir un cadre stable et sécurisant à des jeunes déscolarisés ou en situation d’errance
  • Favoriser l’inclusion sociale et le vivre‑ensemble
  • Permettre l’accès aux arts vivants à des publics durablement éloignés de la culture
  • Développer la créativité, la résilience et la capacité à faire collectif par la pratique artistique