Au Bénin, les enfants séparés de leurs parents constituent une population particulièrement exposée aux violences, à l’exclusion et à la précarité. Selon l’UNICEF, 33 % des enfants vivent éloignés de leurs parents biologiques, ce qui accroît les risques de violation de leurs droits fondamentaux.
Les jeunes filles sont particulièrement touchées. Beaucoup sont orphelines ou privées de prise en charge familiale, confrontées au mariage forcé, aux violences sexuelles et sexistes et à une marginalisation sociale accrue. Environ 25 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans auraient déjà subi des violences physiques ou sexuelles.
Parallèlement, les personnes souffrant de troubles psychiques restent fortement stigmatisées, avec peu d’accès à des espaces de soin adaptés et encore moins à des propositions culturelles ou artistiques favorisant leur bien‑être.
Dans ce contexte, l’accès aux pratiques artistiques constitue un espace sécurisant, permettant l’expression, l’épanouissement personnel et le renforcement du lien social.
Créée en 2004, Igbala est une association béninoise spécialisée dans la médiation culturelle en milieux sensibles. Elle intervient auprès de publics vulnérables pour favoriser l’inclusion sociale et la réinsertion : jeunes en situation de rue, jeunes filles sans prise en charge familiale, personnes souffrant de troubles psychiques.
Son fondateur, Alfred Fadonougbo, œuvre depuis de nombreuses années pour l’accès à la culture des populations marginalisées et la valorisation des compétences artistiques locales. Grâce à son engagement, Igbala est devenue un acteur reconnu de la médiation culturelle au Bénin et un partenaire essentiel pour CSF‑France dans la mise en œuvre de ce projet.
Avec Igbala, CSF‑France a conçu un projet visant à articuler création artistique, inclusion sociale et transmission de compétences, autour de trois axes majeurs :
Une première année fondatrice
Cette première année a permis de poser les bases du projet et de construire une collaboration solide entre CSF‑France, Igbala et le Centre Sainte‑Claudia.
Les jeunes participantes se sont montrées particulièrement enthousiastes et engagées, trouvant dans les ateliers artistiques un espace d’expression et de valorisation personnelle rarement accessible dans leur quotidien.
La dynamique collective est jugée très positive par l’ensemble des partenaires, confirmant la pertinence du projet et sa continuité prévue en 2026 et 2027. Dans cette perspective, une nouvelle étape est déjà envisagée : la confection de costumes avec les jeunes femmes du Centre Sainte‑Claudia, qui bénéficient d’une formation à la couture, renforçant ainsi les passerelles entre création artistique et insertion socio‑professionnelle.
Centre social féminin Sainte‑Claudia, Abomey
Hôpital psychiatrique de Cotonou
Hôpital psychiatrique Saint Camille de Tokan