Pays d'intervention

Bénin

l’art comme levier d’épanouissement et d’inclusion sociale

Un projet de trois ans mené aux côtés d’Igbala

Du 4 au 29 septembre 2026, Clowns Sans Frontières est retourné au Bénin pour le troisième et dernier volet d’un projet développé avec l’association béninoise Igbala, partenaire de terrain engagé pour l’accès à la culture des publics les plus vulnérables. Cette collaboration, soutenue depuis trois ans par le programme Accès Culture (AFD / Institut français), vise à renforcer le recours aux pratiques artistiques comme outil d’inclusion, d’expression et de soutien psychosocial.

L’équipe était composée de Garniouze, responsable artistique, ainsi que des artistes Patricia Marinier et Sophie Deck.

 

Une création collective avec les jeunes femmes du Centre social Claudia

Au cœur du projet, un travail de création artistique a été mené avec 19 résidentes du Centre social Claudia, à Abomey. Âgées de 14 à 20 ans, ces jeunes femmes suivent une formation de trois ans en couture ou en coiffure afin de favoriser leur insertion socioprofessionnelle.

Le centre accueille des jeunes filles en situation de grande vulnérabilité : victimes de mariages forcés, orphelines ou encore issues de familles en grande précarité.

Pendant plusieurs semaines, les participantes ont imaginé et créé un spectacle original de 1h30 mêlant théâtre, danse et marionnette. Une attention particulière a également été portée à la scénographie, aux décors et aux costumes, réalisés en lien direct avec les apprentissages en couture suivis par les jeunes femmes.

 

Quand la création devient un espace d’émancipation

Au-delà de l’expérience artistique, le projet a permis aux participantes de découvrir de nouvelles formes d’expression, de renforcer leur confiance en elles et de développer leur capacité à travailler collectivement.

« Les étudiantes avec qui on a travaillé ont beaucoup donné et si le projet en est arrivé là, c’est qu’elles avaient une magnifique énergie et une grande envie de participer et d’apprendre. Le résultat était bluffant. »

Sophie Deck

« Pour les étudiantes, cela a été une intense expérience d’ouverture, d’amusement et d’épanouissement. »

Garniouze

« C’est un souvenir particulier de voir toutes ces jeunes femmes s’épanouir, rire et s’amuser puis se révéler dans l’œuvre artistique. »

Garniouze

 

Des représentations auprès de publics particulièrement vulnérables

Le spectacle créé avec les jeunes femmes a ensuite été présenté devant près de 500 bénéficiaires au travers de plusieurs représentations :

  • au Centre social Claudia ;
  • au Centre National Hospitalier Universitaire de Psychiatrie de Cotonou ;
  • à l’Hôpital psychiatrique Saint-Camille de Tokan, à Abomey-Calavi.

Ces représentations ont permis d’offrir des moments de partage et de respiration à des personnes souvent éloignées de l’offre culturelle.

À l’issue d’une représentation en milieu hospitalier, le chef psychiatre du centre a souligné l’impact du spectacle :

« D’où l’importance du théâtre et de l’art en général pour ces publics sensibles qui, pendant deux heures, absorbés par le spectacle, n’ont pas bougé, ce qui n’arrive jamais… »

Les impacts du projet

  • Soutien psychosocial et bien-être

Les ateliers et les représentations ont offert aux participantes et aux spectateurs des espaces d’expression, de créativité et de répit favorisant l’épanouissement personnel et le lien social.

  • Valorisation des compétences des jeunes femmes

La création des costumes et la participation à l’ensemble du processus artistique ont permis de mettre en lumière les savoir-faire développés au sein du centre de formation.

  • Accès à la culture pour des publics éloignés

Le projet a permis de proposer une offre artistique de qualité à des jeunes en situation de vulnérabilité ainsi qu’à des personnes hospitalisées en psychiatrie, souvent exclues des propositions culturelles.