Journal de bord / Birmanie

Suivez pas à pas, mot à mot, image par image le déroulement d'un projet...

Lundi 9 novembre

Nalé, Nimalé,

Un nouveau lundi à Rangoon, la ville n’a pas changé tant que ça, quelques gros travaux près de la Pagode Sulé, des vendeurs de téléphones aux quatre coins des rues, des supermarchés oui, plus de resto pour les touristes, plus de bouffes western, thai mais sinon toujours ce même chaos. Le parc automobile a doublé, les embouteillages sont énormes, le nombre de voitures neuves avec volant a droite s’est multiplié. Les taxis aussi. Le Birman reste calme dans la victoire, l’histoire lui a appris à se tenir, à attendre.

On rentre d’un repas avec Seb qui nous alerte sur la possibilité d’un retour permanent à l’état d’urgence. Les ex militaires ont reconnu leur défaite.

Vers 17h30 on se dirige vers les bureaux de la LND, près d’une porte de Schudagon, gros bouchon de fin de journée, on ne sait pas avec Ingrid si il y aura du monde, la route est en partie inondée, le taxi m’offre un tee-shirt de la LND, des stickers et puis on se rapproche… On finit a pied, un méchant Rap sur écran géant, genre Sai Sai nous prend aux tripes, la foule est là, massée devant deux écrans géants a scandé des slogans, habillée de rouge. Avec Ingrid, on tente de ne pas se perdre entre les voitures et les bus; la circulation n’est pas coupée et c’est un joli chaos.

Gros moment historique, les larmes ne sont pas loin, je repense à toutes ces années, à tous ces jeunes qui n’ont pas connu ce temps de la junte, le temps où il était définitivement interdit de se regrouper et de prononcer le nom de celle qui pose sur un portrait géant devant ces bureaux.
Ca chante sur les clips et les Birmans qui chantent, il font pas semblant, clip de rap pour les jeunes, clip avec des enfants, clip pour les malentendants, l’avenue est noire de monde.
La communion est totale, pourtant le Birman se tient, peu de gestes fraternels, quelques sourires, on est là en famille, on reste humble, les résultats tombent un a un, il faudra maintenant gouverner sachant que les militaires garderont les postes clefs et que la dame ne pourra être que  » présidente de l’assemblée ».

On vit ce moment à fond sans être continuellement sur le terrain des manifestations qui reste essentiellement devant les bureaux de la LND.
Rangoon continue à vivre, fidèle à elle-même, bruyante et tapageuse.
On n’oublie pas qu’on a rencontré beaucoup de gens, d’ONG et qu’il reste beaucoup de problématiques, ethniques et climatiques ou Clowns Sans Frontières peut développer des projets.

On rentre demain, le débat pour les régionales nous fera rapidement atterrir après Roissy.

Dimanche 8 novembre 2015, Guillaume G.

Après 4 jours dans le Karen State à la rencontre des ONGs et associations locales, nous revoilà sur la grande ville, il nous a été vivement recommandé de rentrer sur Rangoon avant dimanche, avant les élections.
Nous voilà donc de nouveau dans ce grand bouchon, slalomant avec virtuosité entre les voitures, les trous, le bruit et la pollution.

Ce matin tout est prêt, aux quatre coins de Rangoon, des bureaux de votes sont installés, flèches au sol, entrée / sortie, police croix rouge, on distingue les votants par une trace d’encre sur le pouce gauche…
Moments d’émotions, de fierté, de regards complices, le Birman sait se tenir et après 25 ans d’abstinence démocratique il garde la tête froide…

Puis le ciel gronde, l’orage arrive, « bon signe » me dit un jeune, l’heure du dépouillement bureaux par bureaux commence, on reste derrière les grilles devant un bureau dans un temple bouddhiste, on entend le doux son du partie de La dame qui se répète voix après voix…

500 voix contre 34, les regards s’illuminent, teintés de craintes, de doutes, on fait un autre bureau, autre ambiance, autre méthode de dépouillement, assis a quelques mètres de l’urne on écoute religieusement la petite chanson de la LND, on comprend que chaque bureau de vote a sa façon de faire suivi par quelques observateurs des Nations Unies.

Bref, on compte, on recompte, on sourit, on se tient, on lâche peu de sentiments… Les résultats nationaux se feront attendre malgré l’espoir…
La LND doit obtenir plus de 67 % des voix pour diriger…
Une longue route commence pour eux, comment vont se comporter les militaires, comment ont voté les autres régions ?

Un grand moment historique…

Lundi 2 novembre, Fanny L.

Aéroport Charles De Gaulle, Paris.
Pour moi, le repérage terrain se termine mais en Birmanie il continue. Retour sur un weekend birman rempli de temps forts.

Samedi, nous commençons par un double rendez-vous avec Triangle Génération Humanitaire et le GRET. Ces 2 ONGs interviennent dans l’état Chin. L’une au nord, l’autre au sud. Le nord a plus fortement été touché par les inondations. La ville d’Hakha a ainsi vu des pans de montagne et près de 500 maisons emportés par les éboulements, des routes détruites, rendant cette région encore plus isolée qu’auparavant. Au sud, ce sont les récoltes qui sont le plus impactées. On s’inquiète pour l’année prochaine car les coulées de boue ont condamné une partie d’entre elles. Nous discutons également des différences culturelles entre le nord et le sud de la région, de leurs récents changements face à l’évolution de la société birmane : l’accès à la téléphonie mobile et à internet révolutionne les habitudes de relation humaine. Le contraste entre tradition et modernité est saisissant. Les pratiques culturelles traditionnelles semblent s’effacer progressivement…

Nous poursuivons la journée à l’Institut Français où un événement est organisé à l’approche de la COP 21. L’occasion de découvrir de nouveaux musiciens birmans et de visionner des documentaires sur les inondations le long de l’Irrawady.

Dimanche, après avoir tourné un certain temps dans un immense centre commercial (comme il en est apparu beaucoup ces dernières années), nous finissons par retrouver Jay. Philippin, il travaille pour « Planet Finance » qui aide au développement et favorise l’accès au micro crédit, notamment dans le Karen State. Très avenant, Jay nous propose rapidement de le rejoindre mercredi à Hpa An et de nous arranger une série de rendez-vous avec les acteurs locaux. A l’approche des élections, tout déplacement semblait difficile à mettre en place, nous sommes donc rassurés et cette virée permettra d’évaluer la faisabilité d’un projet transfrontalier Birmanie/Thailande pour les populations Karen.

Le weekend se termine avec un workshop avec les membres du groupe « Circus 4 all », des birmans qui, suite à un atelier de jonglage, ont décidé de monter un spectacle pour la journée du handicap, le 3 décembre. Nous assistons à la présentation de leurs numéros, Guillaume les conseille, il y a de beaux échanges. Puis nous terminons par des exercices collectifs. On prend l’espace, on se déplace et cela travaille des idées pour le spectacle.

Le weekend s’achève, une nouvelle semaine débute. Rdv avec PU AMI et Solidarités Internationales au programme, déplacement dans le Karen State… et encore bien des surprises au fil des rencontres et rendez-vous.

Lundi 2 novembre, Guillaume G.

Le lundi à Rangoon…
Début de semaine, ici sur Rangoon, avant notre départ mercredi pour le Karen State, un programme chargé nous attend sur place.

Ce week-end, on continue les rencontres avec Jay, coordinateur philippins de Planète Finance qui développe des programmes humanitaires dans le Karen State.
On profite de son sourire et de son aide pour planifier notre repérage de terrain dans le Karen State…
Associations internationales et locales, logement, bus…On est en place.

Petit break dans un nouveau parc de Rangoon, moment doux dans cette grande ville brut, on discute avec Fanny qui part en fin d’après-midi.

Départ pour une école française où une association Circus for all propose tous les dimanches, un atelier pour personnes vulnérables.
L’idée est de rencontrer les animateurs du projet et de proposer une rencontre / stage avec les participants.
Hélas, à une semaine des élections le pays ralentit, seuls deux bénéficiaires sont présents….
Difficile de faire un travail précis.
Je me lance dans l’histoire en essayant de perfectionner un numéro qu’ils présenteront début décembre, les deux stagiaires sont motivés, souriants, on rigole bien et on enchaîne par des petits jeux théâtraux avec les membres de l’équipe.. Chouette moment malgré trop d’absents…

Puis Fanny nous quitte, la nuit tombe, une vague d’émotion secoue l’ancienne Capitale de Birmanie.

Désormais nous ne sommes plus que deux, Ingrid et moi mais bientôt 5 car nous rejoignons Sébastien (ancien coordinateur de Clowns Sans Frontières, qui travaille aujourd’hui à l’Institut Français de Birmanie) et sa famille dans un restaurant au bord du lac.

Puis ce matin, réunion / rencontre avec Marie-Alice de l’ONG Solidarité, déjà croisée lors de nos projets le long de la frontière Birmane.
On parle de CSF, de leurs programmes, il y a différentes régions et différents programmes en Birmanie où ils interviennent.
Moment intéressant de partage d’expérience où l’on pointe du doigt le réel besoin d’adapter notre équipe par rapport au lieu d intervention, au projet, aux conflits en présence.
Encadrer un stage, jouer un spectacle n’est pas la même activité, et ne demande pas les mêmes compétences.
Nous devons réellement continuer à développer nos réflexions à ce sujet pour être le plus efficace possible sur nos terrains d interventions.

Demain, rencontre importante avec Plan pour un projet d’ateliers dans le Rhakine State.

Nous devons aussi boire un thé avec Nyan Ghi, un jeune comédien dont j’ai croisé la piste il y a trois ans, puis boire un sirop a l’eau en bouteille avec Pierre, des Nations Unies que j’ai contacté via twitter.

Les idées, les formes d’interventions, se définissent peu a peu, il faut continuer jusqu’au 10 novembre.Ca continue…

Dimanche 2 novembre 2015

« Thanks to Clowns Without Borders France for inspiring our training yesterday. It was wonderful. Merci Guillaume, Ingrid and Fanny!

Next practice for Circus4All Yangon is Sunday 15 November 1:30-3:30pm.
Happy voting in election 8 November!

Best wishes »

Virginia

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Vendredi 30 octobre 2015, Fanny L.

3ème réveil, le jetlag est définitivement passé, on a pris le rythme. Journée plus « cool » aujourd’hui, les potentiels partenaires n’étaient pas disponibles. Au programme donc, découverte un peu plus de la culture birmane et préparation de la suite de la mission repérage. On s’approche du fleuve Irrawady, ce grand fleuve qui traverse une partie de la Birmanie et qui a débordé lors des dernières inondations. Il est imposant.

La journée est ponctuée par des points mails et téléphoniques, qui prennent du temps du fait de la lenteur de la connexion. Ce matin nous avons mis par exemple 1h30 à envoyer 4 mails! Marché local puis découverte de la pagode Shwedagon, symbole du bouddhisme birman. Nous sommes soufflés par la beauté du site.

On reprend ensuite la préparation du weekend, qui celui ci s’annonce chargé : 3 rencontres partenaires, 1 visite à l’institut français et un workshop avec une dizaines d’adultes.

En piste !

Jeudi 29 octobre 2015, Fanny L.

Le jour se lève sur Rangoun. Après une nuit de sommeil réparatrice, nous voilà attablés atour du petit déjeuner et de nos mails. On profite de la connexion wifi, bien que ralentie (il paraît que c’est lié au contexte des élections…) pour préparer la journée. À 9h, nous nous rendons à l’Institut Français de Birmanie pour rencontrer Anaïs et Yann et voir avec quels artistes nous pourrions être mis en contact pour 2016. Après avoir travaillé avec May, Than et leurs réseaux, nous cherchons à connaître d’autres artistes locaux. Peu sont constitués en collectif, il ne semble pas que la scène locale soit plus développée. Mais au niveau des arts visuels et du street art, ça semble bouger… Une piste paraît intéressante : May est désormais professeur dans une « école artistique » où le théâtre et le cinéma sont notamment enseignés sur Taunggyi. Après quelques échanges sur Facebook, il semble difficile de s’y rendre, le rendez-vous est donc pris sur Rangoun dans une semaine. May rentre pour les élections, comme beaucoup de gens ici.

Après un point mail à l’Institut (toujours non loin d’un repas), nous poursuivons la journée avec Isabelle d’Acted. On se présente, on présente CSF, elle se présente… Et tout de suite nous entrons dans une logique de collaboration. Acted agit en Birmanie dans plusieurs régions pour répondre aux questions d’urgence mais aussi de développement. Une situation nous alerte : celle de l’Irrawady. Suite aux inondations, les villages sont toujours sous l’eau, beaucoup d’écoles sont endommagées et l’accès aux villages est rendu difficile. La route est coupée, il faut prendre le bateau puis une pirogue pour rejoindre cette zone. Les médias et la gouvernement parlent peu de cette situation et seulement 2 ONGs viennent d’y organiser des projets : Acted et World Vision. L’équipe d’Acted repart en repérage lundi, nous projetons ensemble de les accompagner : réponse demain pour des questions de sécurité. Nous parlons aussi du Kavhin, Kayah et Rakhine state… La discussion est ouverte.

Satisfaits de ce rendez-vous, nous décidons de commencer à rentrer à pied en se perdant dans un marché aux mille couleurs et aux mille saveurs. Les élections sont très présentes, on affiche de nombreux autocollants, drapeaux, lanternes à l’effigie de la NLD. Ça se propage sur les voitures, dans les magasins ou les restaurants. En achetant le journal, nous apprenons que près de 600 villages seront privés de bureaux de vote par précaution, du fait des tensions ethniques. En signe de protestation, des violences ont lieu dans le Shan state.

En allant dîner, nous passons devant un meeting organisé devant la mairie de Rangoun mais cela ne semble pas intéresser grand monde… Nous ne connaissons pas le parti, ce n’est pas NLD.

Jeudi 29 octobre 2015, Guillaume G.

Cher journal, ici tout va vite, les infos, les ordres et les contre-ordres s’entremêlent comme dans un bouchon dans le centre de Rangoon.

8h43, on se retrouve à l’Institut Français, ponctuels et motivés, ivres de connaître les pistes d’une nouvelle scène artistique locale. Une heure plus tard de nouveaux contacts à contacter fleurissent, mais aussi on s’aperçoit assez vite de la minceur de la scène artistique locale.
On va essayer quand même d’organiser une rencontre, un atelier. La salle mise à disposition, le plancher en teck et le système son poussent aux belles rencontres.

Enfermés dans la bibliothèque de l’Institut Français, le staff logistique (Fanny et Ingrid) virevolte sur les écrans de leur téléphone pour pousser les contacts. Pour ma part je m’affaire en discussion Facebook avec May (jeune comédienne collaboratrice de divers projet CSF depuis nos débuts en Birmanie) au sujet de notre probable venue vers elle dans le Chin State pour rencontrer l’équipe et  les étudiants d’une nouvelle école alternative, possible partenaire d’une possible mission dans l’avenir. « Oui.. » « Non… » « Peut-être… », le Chin State c’est 15h de bus voir 10h de pick-up…, on palabre un bon moment puis on se décide collectivement a laisser tomber le chemin, May sera à Rangoon pour voter la semaine prochaine, on l’a verra en rendez-vous à ce moment-là.

Midi sonne peu de temps pour chercher le bouiboui Birman, nous voilà attablés à l’Institut Français… Saucisse Frite pour Monsieur, Pâtes aux légumes pour Mesdames…

Go un taxi, direction Acted, rendez-vous avec Isabelle qui nous reçoit autour d’un café. La discussion est juste, intéressante, constructive, on cerne avec elle la zone prioritaire où Acted évolue et où CSF peut être pertinent. La zone inondée à l’est de Rangoon, zone apocalyptique où l’eau stagne, où les vaches vivent sur pilotis, comme les écoles, les gens, la vie. On attend demain l’accord définitif pour aller sur place avec eux 24H… à suivre.

La pluie nous cueille lors de notre debrief de fin de journée autour d’une boisson fraiche, l’air est plus frais, tant mieux, ce soir on a des pistes pour aller dans le Karen State en fin de semaine prochaine avant les élections, on est ravis.

Demain journée plus calme, histoire de recharger nos batteries avant un we tendu… Au final une séance théâtre et clown avec des adultes birmans autour d un atelier cirque s’organise. Nos deux logisticiennes, inscrite pour l’atelier seront-elles à la hauteur de l’évènement ? … Oui je le crois.

« Tout en s’enfonçant dans la Birmanie intérieure, Ricky sentit son coeur s’emplir de doute » (in MISSIONS EN BIRMANIE, collection de la cité 1954)

 

Mercredi 28 octobre 2015, Fanny L.

Arrivée à Rangoon à 9h (heure locale, 3h30 heure française !). Il fait beau et chaud, la saison des pluies est finie. Nous découvrons ou redécouvrons une ville pleine de vie, une ville qui fourmille. Une fois à l’hôtel, nous apprenons que notre rendez-vous avec l’Ambassade de France est reporté. Une immersion dans la culture birmane s’impose alors au détour des avenues comme des ruelles. Demain, rendez vous 9h à l’institut français et d’autres rencontres sont prévus dans la semaine, avec des ONG françaises présentes sur la zone ainsi qu’avec des artistes locaux…

Mercredi 28 octobre 2015, Guillaume G.

C’est après ces heures d’avions entre Paris, Bangkok et enfin Rangoon qu’on apprécie ses premiers moments birmans.

Visa en poche, le fameux chauffeur de taxi du Ladyland Hotel 2 est là, avec sa pancarte de bienvenue, on embarque dans sa voiture, direction le centre. Rangoon reste la même, circulation dense, très dense même un jour férié. Ici, on est clair et on s’affiche, sur beaucoup de taxi, de voitures personnelles, de bus, on signale sa préférence, La LND, la Ligue Nationale pour la Démocratie. L’attente est énorme, le chauffeur nous montre un autocollant, le mini drapeau sur le capot de son bolide, la plaquette des candidats de son district… « Not this monday, the next Monday »… L’espoir, le doute, la peur…

On croise les doigts, l’hôtel est là, rien n’a changé si ce n’est que les jeunes employés sont maintenant des vrais ados. On discute avec le réceptionniste qui parle un français fort correct, il reconnait le tee-shirt Clowns Sans Frontières, on lui raconte nos derniers passages, le but de notre séjour. Il est 10h du matin, on a l’impression d’une fin de journée, bref en plein décalage horaire on monte prendre les clefs de nos chambres sans fenêtres…

Micro douche et en route dans le macrocentre.

Ici, rien n’a bougé en profondeur… La rue regorge de commerces ambulants. Autour de la nourriture, des vêtements et du vrac s’est développé le business du téléphone sur toute la ligne : coque, chargeur, téléphones, tuning individualisé, gadgets…. Après des années de frustrations, le Birman peut enfin vivre avec son téléphone en main et il ne s’en prive pas.

Petit tour de quartier, on arrive malgré le jour férié à changer du cash, il est temps de manger Thai, de rentrer faire la sieste, on se retrouve vers 17h pour faire le point des rendez-vous fixés, des rendez-vous qui s’annulent, se reportent, se modifient, s’agrègent… Il va falloir vivre à l’heure birmane. Le rendez-vous de fin de journée est reporté, celui de demain matin ecourté, nous continuons à lancer des pistes, à imaginer la suite.

Dimanche, participation à un workshop avec des enfants autour du cirque, ça s’est callé… C’est plutôt chouette. Une belle rencontre.

On fait le grand tour du centre ville, je m’y perd un peu, je retrouve des images des lieux, après une ultime marche nous voilà attablés dans un resto barbecue, le temps de discuter, d’échanger, d’observer ces birmans si souriants, si spontanés….Le jetlag fait son effet, vers 20h12, on commence doucement à sombrer, il est temps de rentrer, de plonger, demain la journée va accélérer…

Depuis il est minuit, la nuit fut courte, le temps de trouver du réseau pour écrire, et puis se rendormir……une autre histoire.

Mardi 27 octobre 2015, 11h30

Ils sont à l’aéroport…

Mardi 27 octobre 2015, 10h

La 1ère équipe est sur le départ ! Direction : la Birmanie !

Photo-equipe-birmanie

De gauche à droite : Fanny, Ingrid et Guillaume

 

Lundi 26 octobre

Présentation du projet

Dans quel contexte intervenons-nous ?

Les guerres civiles en Birmanie ont poussé depuis trois décennies plusieurs milliers de birmans, essentiellement des communautés ethniques persécutées par la junte au pouvoir telles que les Karen, à fuir vers la Thaïlande. Ils sont aujourd’hui près de 150 000 personnes (source : Haut- Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) à vivre dans des camps de réfugiés ou de déplacés à la frontière entre les deux pays dans des conditions précaires.

En Thaïlande, de nombreux réfugiés sont victimes d’arrestations et d’expulsions arbitraires en tentant de sortir des camps et de travailler en Thaïlande pour avoir un revenu. Une génération entière d’enfants se retrouve à grandir dans des camps sans pouvoir se projeter vers l’avenir, ne sachant pas s’ils rejoindront bientôt leur pays d’origine ni s’ils pourront s’intégrer durablement en Thaïlande avec leurs familles.
Côté birman, des communautés Karen se sont regroupées au sein de camps de déplacés internes, à proximité de la frontière avec la Thaïlande.

Les ONG internationales et thaïlandaises sont nombreuses à se mobiliser pour porter assistance à ces populations mais les financements se réduisent à mesure que la situation perdure, affaiblissant la marge d’action de ces associations. Il est essentiel de soutenir leurs efforts en particulier concernant l’encadrement des enfants. Clowns Sans Frontières a une expérience de plusieurs années dans chacun de ces deux pays et souhaite poursuivre son action par un projet transfrontalier.

Où allons-nous intervenir ?

En Birmanie : dans le Karen State

En Thaïlande : dans les provinces du Tak et Mae Hong Son

Quand allons-nous intervenir ?

Entre octobre 2015 et novembre 2016

Quel est notre objectif principal ?

Contribuer à améliorer, par le spectacle vivant, l’accompagnement des enfants réfugiés ou déplacés de part et d’autre de la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.

Quelles seront les différentes étapes ?

ETAPE 1, en 2015 – Une mission exploratoire, dont les objectifs sont les suivants :

  • réévaluer les besoins des populations ciblées
  • réévaluer les conditions de mise en œuvre du projet
  • rencontrer les partenaires sur le terrain
  • identifier la/les discipline(s) artistique(s) à utiliser prioritairement (clown, danse, cirque, marionnette, etc.)
  • identifier les artistes birmans qui pourront s’impliquer dans le projet
  • identifier le(s) thème(s) à aborder prioritairement en concertation avec les partenaires
  • identifier les pratiques artistiques et les codes culturels locaux à intégrer aux spectacles qui seront créés par la suite à l’occasion des missions d’artistes

ETAPE 2, en 2016 – Une mission d’accompagnement des artistes birmans avec la création d’un spectacle franco- birman et plusieurs représentations

ETAPE 3, en 2016 – La création d’un 2ème spectacle franco-birman suivie de plusieurs représentations des deux côtés de la frontière

N.B : un bilan est réalisé au terme de chaque étape, qui permet, si besoin, de réadapter le projet

Qui sont nos partenaires sur le terrain ?

Aide Médicale Internationale
Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
International office for migrations
Karen Women organization
Jesuit refugees Service
Karen Student Network Group
Karenni National Women Organization
Thaï Burma Border Consortium
Burmese Migrant
Institut français de Birmanie

Qui sont nos partenaires financiers ?

La Fondation Alta Mane 
L’Adami
Le Ministère de la culture et de la communication
Le Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports
Les donateurs « en souvenir de Camille »

Clowns Sans Frontières souhaite rendre hommage à Camille, disparue en décembre 2014, bien trop tôt… Elle croyait fort en nous, si fort qu’elle a pensé à nous avant de partir. Nous pensons à elle et à ses proches et les remercions pour leur confiance et leur générosité. Ce projet à la frontière birmano-thaïlandaise existe aussi grâce à eux… Nous vous proposons, grâce à ce journal de bord et une lettre d’informations, de suivre les avancées de cette aventure artistique et humanitaire.