TCHAD

•    Après une mission au Soudan en 2006, Clowns sans Frontières devait intervenir pour la première fois au Tchad en novembre 2007. Une...

•    Après une mission au Soudan en 2006, Clowns sans Frontières devait intervenir pour la première fois au Tchad en novembre 2007. Une équipe artistique franco-tchadienne devait se rendre à Goz Beida, dans l’Est du pays, pour offrir des spectacles aux réfugiés soudanais, aux déplacés tchadiens et aux habitants de la ville.

•    Suite aux répercussions de l’affaire de « l’Arche de Zoé », notamment les restrictions de déplacements imposées aux ONG par le gouvernement tchadien, nous avons été contraints d’annuler cette mission et de la reporter à une date ultérieure.

Depuis son indépendance en 1960, le Tchad a connu des décennies d’instabilité, d’anarchie, de corruption, de coups d’état et de conflits internes et internationaux. Malgré ses richesses en ressources naturelles et ses revenus pétroliers, il demeure un des pays les moins bien classés par le PNUD selon l’indice de développement humain. Plusieurs cessez le feu et accords de paix ont été signés, mais leurs effets sont à chaque fois de courte durée. Depuis la dernière tentative de coup d’état en mars 2006, la tension demeure sensible dans plusieurs provinces du Tchad.

L’Est du pays doit faire face aux conséquences de la crise au Darfour et connaît une véritable crise humanitaire. Depuis 2003, le conflit au Darfour a provoqué plusieurs déplacements de population de part et d’autre de la frontière. Plus de 230 000 soudanais sont réfugiés dans des camps au Tchad, s’ajoutant aux 150 000 tchadiens déplacés qui ont fui les violences du sud-est du pays. Ces réfugiés et ces déplacés vivent dans des conditions déplorables et dans une situation d’insécurité permanente.

Contactés par l’ONG britannique Oxfam, nous avons décidé de faire une mission de repérage en août 2007 pour évaluer comment il serait possible et pertinent d’intervenir à l’est du Tchad. Nous avons ciblé la ville de Goz Beida, où sont recensés 15 000 réfugiés soudanais rassemblés dans le camp de Djabal, ainsi que 44 200 déplacés tchadiens vivant sur 4 sites principaux (Koubigou, Gassire, Gouroukoum et Kaloma) et sur Goz Beida même. L’arrivée de ces 60 000 personnes pose un véritable problème démographique et un problème de partage des ressources. Là où habitaient 11 000 personnes il y a 4 ans, vivent aujourd’hui 75 000 personnes. Goz Beida est devenu un carrefour ethnique, culturel et religieux où se côtoient déplacés, réfugiés et habitants de la région.

Suite au repérage et aux différentes demandes des associations sur le terrain, le projet se défini autour de plusieurs axes :

•    Un spectacle pour tous, à la fois les réfugiés soudanais, les déplacés tchadiens et les habitants de Goz Beida. Un spectacle simple et communicatif, adapté aux différents types de lieux, pouvant se mettre en place rapidement et pouvant être joué tant pour 500 que pour 3000 personnes.

•    Un échange artistique avec des artistes de N’Djamena et Abéché : 3 artistes tchadiens vont s’associer aux artistes français (comédiens – danseurs).

•    Des rencontres avec des professeurs des écoles primaires : temps d’échanges et de transmission d’outils qui seront organisés à l’issue des spectacles.

•    L’enregistrement d’une pièce radiophonique qui sera diffusée sur les ondes d’une des radios d’Abéché, la Voix du Ouaddaï.

Partenaires sur le terrain :
Concern, COOPI, HIAS, InterSoS, JRS, La Voix du Ouaddaï, Mentor, MSF France, OCHA, Oxfam Intermonde, Oxfam-GB, UNHCR.