SOUDAN

•    Un projet a été mis en place au Soudan en mars 2006, en collaboration avec Clowns sans Frontières Belgique et USA. •    10...

•    Un projet a été mis en place au Soudan en mars 2006, en collaboration avec Clowns sans Frontières Belgique et USA.

•    10 spectacles ont été offerts à Khartoum et dans la province du Nil Blanc, dans les camps de déplacés et les orphelinats, pour plus de 5000 enfants.

•    Des ateliers ont également été organisés dans les centres d’animation pour enfants.

Depuis près de 40 ans, le Soudan est en proie à la guerre civile la plus longue qu’ait connue le continent africain. La division meurtrière entre le Nord et le Sud, qui a repris en 1983, a fait plus de 2 millions de morts et provoqué le déplacement de près de 5 millions de personnes. En janvier 2005, la signature d’accords de paix a laissé entrevoir une amorce de stabilisation, mais le conflit s’est poursuivi au Darfour entre groupes rebelles et forces gouvernementales, touchant plus de 2 millions de personnes et entraînant une grave crise humanitaire. Depuis le début de l’année 2003, de nombreuses ONG tentent d’intervenir sur le terrain pour aider les populations à faire face à ce drame.

Etant donné l’ampleur du désastre et le nombre de camps, nous avons décidé de mettre en place un projet global au Soudan, en collaboration avec les différents Clowns sans Frontières dans le monde. Un repérage en décembre 2005 nous a permis d’envisager plusieurs possibilités d’intervention et d’évaluer les conditions de sécurité.

La fragilité du contexte local nous incitait à la plus grande prudence. Pour une première intervention au Soudan, nous avons préféré cibler notre action sur Khartoum et ses environs avant de pouvoir envisager un projet au Darfour ou au Sud Soudan.

Notre première mission au Soudan a eu lieu du 17 au 28 mars 2006. L’équipe artistique était composée d’artistes venant de différents bureaux de Clowns sans Frontières (France, USA, Belgique) afin que chaque association puisse se confronter au contexte soudanais.

Nous avons travaillé en partenariat avec les associations d’aide à l’enfance implantées dans le pays et avec l’ambassade de France à Khartoum.

10 spectacles ont eu lieu à Khartoum, ses environs, ainsi que dans la province du Nil Blanc au sud de la capitale pour plus de 5000 enfants. Les artistes ont joué dans des centres pour enfants, des camps de déplacés, et des orphelinats.

Des ateliers d’initiation artistique et de jeu ont été organisés dans des centres d’animation pour enfants (avec AZA/EMDH, Plan International et War Child).

Partenaires sur le terrain :
Ambassade de France à Khartoum, Centre Culturel Français de Khartoum, Enfants du Monde – Droits de l’Homme, Cheshire Home International, War Child, Plan International.

Partenaire financier :
L’AFAA

Les clowns sont au Soudan, pays de conflits et de tribus, pays du vent et de la poussière. C’est le plus grand pays en Afrique. Nous sommes une tribu de plus… la tribu des clowns. Dans notre spectacle, il y a de la magie, un éléphant, un match de foot en mime et beaucoup de participation du public. La réalité ici, c’est plus de 500 000 déplacés autour de Khartoum dans 8 camps bâtis à la main avec des briques de boue. Les autorités sont omniprésentes, il est très difficile de voyager librement dans le pays. Il faut des autorisations pour aller partout et nous devons à chaque fois passer des check points. Les autorités ont déjà rasé quelques camps pour les déplacer encore une fois vers des espaces vides loin de la ville. Pas un seul arbre dans les camps. Pas d’électricité. Peu de sanitaires. Et beaucoup d’enfants. Il y a des enfants qui fabriquent des briques avec l’eau et la terre, des enfants qui livrent l’eau, des enfants qui portent leurs frères, des enfants qui se battent, des enfants qui jouent avec des pneus ou une corde à sauter…

Ces enfants sont comme tous les enfants du monde. Ils sont beaux et plein de vie, ils ont envie de participer et de jouer. Mais ils vivent dans un univers complètement instable et sans racines. Le plus important est de partager des moments ensemble. Quand nous arrivons, nous transformons leurs centres d’accueil en espace de spectacle, avec notre petit décor, des couleurs, des fleurs, des instruments. Nous installons un univers différent et étrange. Les enfants rient, participent, tapent des mains… Après le dernier spectacle à Mayo, le camp le plus pauvre, deux enfants ont chanté pour nous pour nous remercier. C’était magnifique.
Kevin