RUSSIE

•    En juin 2001, Clowns sans Frontières a organisé des spectacles à Arkhangelsk parallèlement au festival de théâtre de rue qui se...

•    En juin 2001, Clowns sans Frontières a organisé des spectacles à Arkhangelsk parallèlement au festival de théâtre de rue qui se tenait dans la ville.

•    Les artistes des compagnies françaises programmées dans le festival ont offert des spectacles dans les orphelinats, les centres de détention pour mineurs, les hôpitaux et les centres pour enfants handicapés.

L’idée de mener des actions lors du festival de Théâtre de rue d’Arkhangelsk, au nord ouest de la Russie, émanait de Pascal Larderet et Michel Rousseau, artistes ayant participé au projet de Clowns sans Frontières en Mongolie. Pour avoir participé à plusieurs éditions du festival d’Arkhangelsk, ils connaissaient bien la ville et voulaient proposer un partenariat entre le festival et Clowns sans Frontières. L’objectif était de profiter de la présence des 11 compagnies françaises invitées par le festival pour organiser des spectacles dans des lieux dépourvus de toute activité culturelle.

Dés les premiers jours, grâce à la présence d’une représentante de Clowns sans Frontières à Arkhangelsk, des repérages ont été menés et des propositions de spectacles « hors festival » ont pu être faites aux artistes. Toutes les compagnies ont accepté de partager leur travail et de se rendre disponibles pour des actions de terrain avec Clowns sans Frontières.

Du 14 au 24 juin 2001, grâce à l’implication généreuse et spontanée de tous les artistes français programmés dans le cadre du festival de théâtre de rue d’Arkhangelsk, 7 représentations ont été données, hors festival, dans des orphelinats, des centres de détention pour enfants, des centres de rééducation pour handicapés moteurs, des hôpitaux…

Partenaires sur le terrain :
Festival d’Arkhangelsk, Centre de Détention Provisoire d’Arkhangelsk.

Partenaire financier :
Festival d’Arkhangelsk

Extraits journal de bord

20 juin, centre de détention provisoire pour enfants
À 16H30 le spectacle démarre, la fête commence, dès l’entrée des deux premiers artistes, les yeux se lèvent, les éclats de rires fusent… sauf pour Sacha, 11 ans, qui verse des larmes. Emotion trop intense ? Impossibilité de lever le regard ? Envie trop forte de partager ces instants de bonheur dont il se sent exclu ? Petit à petit, il se déplie, on voit apparaître ses yeux puis son sourire, dans la dernière partie du spectacle, il a rejoint les autres dans les fous rires.

21 juin, Centre de détention pour mineurs
Les multiples portes et grilles s’ouvrent sur les 281 jeunes garçons détenus, vêtus du même uniforme noir. Sous les casquettes, noires elles aussi, on devine plus qu’on ne voit, des regards clairs…pleins d’élan. Contraste entre les musiciens de Jo Bithume vêtus de costumes noirs et blancs très chics, et les uniformes usés des détenus. Le choc est absorbé immédiatement, la musique lie les artistes au public, et le public aux artistes… Le temps d’un morceau, Vova, l’un des prisonniers est invité à prendre la place du chef d’orchestre. Très ému, mais également très concentré, il dirige à merveille la fanfare. Tout est prétexte à jeu. Les gardiens eux-mêmes participent à l’enthousiasme général et répondent aux invitations des artistes.
Après le spectacle, place au moment magique de la distribution de nez rouges… Images fortes de ces mômes hilares, chaussant ce nez qui donne tous les passe-droits, ouvre toutes les frontières et libère tous les possibles… de l’humanité en barre…