MONGOLIE

•    Trois missions ont eu lieu en Mongolie entre juillet 2000 et juin 2001, en faveur des enfants des rues et des mineurs détenus en prison....

•    Trois missions ont eu lieu en Mongolie entre juillet 2000 et juin 2001, en faveur des enfants des rues et des mineurs détenus en prison.

•    Au total, ce sont 35 spectacles qui ont été offerts à plus de 6 000 personnes à Oulan Bator, la capitale, mais aussi à Bayanzurt.

En 1990, la Mongolie, coupée du système économique soviétique, affronte une misère galopante, aggravée par la rudesse du climat (-35° en hiver). En périphérie d’Oulan Bator, la capitale, les quartiers de yourtes ne suffisent plus à contenir l’exode rural. Des familles entières squattent alors les réseaux souterrains du chauffage urbain, qui abritent les canalisations d’eau chaude. Touchés par un reportage sur ces enfants appelés « les enfants taupes », nous prenons contact avec l’UNICEF et avec plusieurs associations locales pour organiser une action en Mongolie auprès de ces communautés sinistrées.

Mission de juillet 2000 :

Trois artistes de Clowns sans Frontières et deux artistes locaux donnent dix spectacles dans des orphelinats, un hôpital de charité, un hospice, une prison pour garçons, une prison pour femmes et adolescentes, dans des camps de vacances pour enfants défavorisés, au quartier du Lotus Children Center et dans un village de yourtes.

Mission de février-mars 2001 :

En plus des spectacles organisés à Oulan Bator, Bayanzurt et les environs, des ateliers d’expression, de jeu et d’échasses sont menés auprès de jeunes détenus, et dans le centre de prévention pour enfants des rues.

Mission de mai-juin 2001 :

De nouveau, des spectacles sont offerts dans des prisons, des centres pour enfants des rues, des hôpitaux, des écoles et des orphelinats.

Partenaires sur le terrain :
UNICEF, National Center for Children, Centre d’identification des enfants des rues, Fondation Shelter, hôpital de la Charité, centre de prévention.

Partenaires financiers :
Kenzo, ADAMI, Ministère de la Jeunesse et des Sports, Fondation « Un monde par tous » (sous l’égide de la Fondation de France).

Extraits du journal de bord / mission février-mars 2001 :

« Les spectacles sont accueillis comme un cadeau inattendu, comme la cerise sur le gâteau, ce qui est énorme quand on n’a pas de gâteau ».

6 mars 2001
À l’issue des cinq journées d’ateliers avec les détenus, nous jouons notre spectacle à la prison des garçons. Le personnel de la prison est présent aux côtés des cent prisonniers. Tous nous regardent les yeux grands ouverts et la bouche bée. Très belle ambiance. On termine sur une distribution de chocolats (fournis par un commerçant français à Oulan Bator) et de nez. Nous recevons des chants mongols en retour. Difficile de partir tant il y a eu d’émotions partagées.

Extraits du journal de bord / mission mai-juin 2001 :

23 mai 2001
Spectacle matinal au « Centre d’identification des adresses des enfants de la rue » (que nous avons rebaptisé « gare de triage »). C’est ici que sont amenés les enfants ramassés par la police dans les réseaux souterrains de la ville, où ils ont élu domicile. Ils restent dans ce centre trois à dix jours puis sont reconduits dans leurs familles ou dans des centres d’accueil. Les derniers arrivants ont été recueillis il y a quelques heures à peine, au milieu de la nuit. Nous reconnaissons quelques enfants que nous avions rencontrés ici même en février.
Nous étions très attendus…la petite salle « réfectoire » a été dégagée, de l’encens brûle dans les pièces pour masquer une odeur pesante et indéfinissable.
Après quelques vagues d’émotion à la vue de tous ces bambins perdus, le spectacle démarre. Portée par la joie des enfants, l’équipe se donne à fond, pour un retour immédiat et des rencontres très fortes.

31 mai 2001
Spectacle à la prison d’Amarlan (prison des hommes).
200 détenus… les visage durs et fermés d’hommes privés de liberté depuis trop longtemps. Seule possibilité d’espace de jeu : un couloir tout en longueur devant les cellules. Deux cent visages  médusés levés vers nous, deux cent hommes assis les uns contres les autres, sur le sol de cet espace étroit. Une vague d’émotion nous touche et nous nourrit… les visages s’ouvrent, les sourires puis les rires réchauffent l’espace.