ROUMANIE

•    Clowns sans Frontières a mené un projet en Roumanie en 1997 en collaboration avec Médecins sans Frontières et la Fondation Parada....

•    Clowns sans Frontières a mené un projet en Roumanie en 1997 en collaboration avec Médecins sans Frontières et la Fondation Parada.

•    Un stage d’initiation aux arts du cirque a été organisé auprès d’un groupe d’enfants des rues à Bucarest.

•    13 spectacles ont été offerts à plus de 2000 enfants dans les orphelinats et les hôpitaux.

•    En 1998, Clowns sans Frontières et Parada se sont à nouveau associés pour créer un spectacle en France avec 9 jeunes issus des rues de Bucarest. Ce spectacle a été créé et joué dans le cadre du festival « Chalon dans la rue ».

Fin 1996, la Roumanie fête le septième anniversaire de la «Révolution» qui a renversé Ceaucescu. Pourtant, certaines lois de l’ancien régime restent en vigueur, telle une loi de 1970 qui a instauré le système de l’abandon des enfants et de leur institutionnalisation dans des orphelinats d’état. Vingt sept ans après la promulgation de cette loi, ce sont encore plus de 100 000 enfants qui sont abandonnés dans les orphelinats du pays. Des milliers d’autres enfants sont livrés à eux mêmes dans la rue, affaiblis par les maladies et la drogue.

Le projet de Clowns sans Frontières en Roumanie a vu le jour en 1997 à l’invitation de Médecins sans Frontières et en collaboration avec la Fondation Parada. Parada est une association créée par le clown français Miloud Oukili, qui s’est donné pour mission d’utiliser l’art comme moteur de réintégration des enfants des rues de Bucarest. C’est en 1992 que Miloud Oukili a rencontré les enfants des rues de Bucarest, fugueurs, abandonnés ou orphelins. En collaboration avec des institutions aidant les enfants, il a développé un programme d’initiation et d’enseignement des arts du cirque.

Pour en savoir plus sur les projets de Parada :
http://www.parada.france.free.fr/
et http://www.paradaromania.ro/

Mission à Bucarest en juin 1997

Clowns sans Frontières et la Fondation Parada ont mis en place en juin 1997 un stage d’initiation aux arts du cirque pour les enfants des rues encadrés par Parada (notamment les enfants de la gare du nord, amenés par une parade jusqu’au square où se tenaient les ateliers).

La mission a également permis d’organiser 13 spectacles en collaboration avec Médecins sans frontières et Terre des hommes Suisse à Bucarest et ses environs. Les artistes ont joué dans des hôpitaux (spectacles et déambulation dans les chambres), dans des orphelinats (« casa de copii ») et au stade Tineretului (pour les Olympiades des enfants handicapés).

Mission en France en juillet 1998

Lors de la mission de juin 1997 à Bucarest, la rencontre avec les jeunes des rues pour lesquels le stage de cirque a été organisé a été tellement intense qu’il nous était impossible de nous quitter sans la promesse de retravailler ensemble.

Un an plus tard, toujours en collaboration avec Parada, nous avons invité neuf jeunes, issus des rues de Bucarest, à créer un spectacle en France. Ils ont été travailler pendant un mois à Chalon sur Saône avec des artistes de Clowns sans Frontières. Le spectacle créé a été présenté au festival off de «Chalon dans la rue» en juillet 1998. Il a également été joué au stade de la Fontaine au Loup en collaboration avec l’association « TECIMA » dont le but est d’organiser des activités pour les jeunes de ce quartier défavorisé de Chalon sur Saône.

Grâce à l’hospitalité et l’accueil de la Municipalité de Culles les Roches, où ont été hébergés les jeunes roumains, l’implication du festival «Chalon dans la rue», et l’énergie de Parada, ce projet inédit a été la première pierre d’une belle histoire, qui a continué par la suite sans Clowns sans Frontières.

Depuis, les enfants de Parada ont constitué une troupe et se sont produits plusieurs fois au festival de «Chalon dans la rue». Les habitants de Culles les Roches ont continué à les accueillir, et ont même créé l’association « Culles sans frontières »…

Partenaires sur le terrain :

Fondation PARADA, Médecins sans Frontières, Terre des Hommes Suisse.

Partenaires en France (projet 1998) :

Festival « Chalon dans la rue », Municipalité de Culles-les-Roches (71), « Culture et Tradition », Jonglerie Diffusion, Envol 71, Association Echange Roumanie.

Partenaires financiers :

•    1997 : Médecins sans Frontières, Municipalité de Chalon sur Saône, Théâtre National de Chaillot.
•    1998 : ADAMI, Ministère des Affaires Etrangères service de la Jeunesse et des Sports, Municipalité de Fleury les Aubrais.

Extraits du journal de bord / mission à Bucarest 1998

Gare du Nord. Bucarest.
Les enfants ont l’habitude d’être réveillés par Miloud qui les conduit au square chaque semaine pour les initier aux arts du cirque avec l’équipe de Parada. Ce matin, leurs yeux se sont écarquillés, ils se sont levés, ont pris nos instruments de musique et nous avons déambulé dans tout le quartier en faisant la fête. Ils étaient fiers d’être à nos bras, de danser avec nous, de chanter, d’être les acteurs de cette fête improvisée.

Nombre de ces enfants tenaient un sac de colle et «sniffaient» régulièrement. Lorsque nous leur demandions de le ranger, ils s’exécutaient sur le moment, mais recommençaient quelques instants plus tard. Api, un petit garçon d’environ 7 ans, a répondu à Malik : « si tu m’emmènes en France avec toi, j’arrête la drogue ».

Le lendemain, les enfants se sont montrés particulièrement violents envers des petites tziganes qui avaient assisté elles aussi à la parade. Ils leur ont craché dessus pour les exclure de notre groupe. Selon eux, il fallait choisir entre la présence des tziganes et la leur car les tziganes, elles, avaient des parents. Ils leur reprochaient de mendier dans la rue alors qu’elles n’étaient pas des enfants de la rue. Il a fallu demander aux plus grands d’expliquer à tous que nous, Clowns sans Frontières, étions venus pour tous les enfants. Les tziganes ont été tolérées mais elles sont restées collées à nous jusqu’à notre départ, transies de peur.

Hôpital Budimex.
On installe le rideau et les instruments, les enfants s’assoient dans le hall et se préparent à assister au spectacle. Les enfants de Parada jouent devant pendant que nous partons visiter les chambres de ceux qui ne pourront pas se déplacer. De chambre en chambre, la magie fascine les enfants.

Avant de quitter l’hôpital, Julien donne rendez-vous à Daniel et Raphaël, deux enfants de Parada pour leur apprendre des numéros de magie. Un peu plus tard à la maison, on installe un grand miroir dans le jardin et les garçons sont ravis de manipuler le matériel de magie. Daniel a des traces de brûlures sur les bras et les mains. Il lui manque des doigts, mais Julien lui apprend à se servir de ce handicap jusqu’à le transformer en avantage lors d’une manipulation en public.

Pinocchio. Centre de triage des enfants trouvés dans la rue.
Une trentaine d’enfants nous entourent et s’excitent déjà à l’idée d’assister à un spectacle. Avant même que le matériel soit déchargé, les surveillantes – pourtant prévenues de notre arrivée par Miloud -, nous annoncent que le directeur interdit notre présence et menace d’appeler la police si nous ne quittons pas les lieux immédiatement. Il avait déjà refusé la venue de « Serious Road Trip », deux ans auparavant et celle de la compagnie « Friche » au Noël dernier. Quelle désolation !… Ces enfants ont tellement besoin d’attention et de chaleur. Dans leurs chambres, certains se balancent d’avant en arrière, régulièrement, assis sur leur lit, les yeux dans le vague. Le directeur prétend qu’il faut leur interdire tout loisir culturel pour les punir. Notre camion est obligé de quitter l’enceinte.